LE MANUEL DU DÉLÉGUÉ SYNDICAL DES
TRAVAILLEURS UNIS DU PÉTROLE DU CANADA LOCAL 1
Ce manuel a été rédigé par les
"Travailleurs Unis du Pétrole du Canada" pour les délégués
et les membres des différents comités du Syndicat des
"Travailleurs Unis du Pétrole du Canada - Local 1"
Dans ces pages, nous espérons éclairer les délégués et leur donner
quelques guides sur la façon de traiter les griefs et les problèmes
qui peuvent surgir de temps à autres dans leur département.
Ce manuel a aussi été conçu pour vous aider à être aussi efficace
que possible dans vos fonctions de délégué. Nous ne prétendons pas
qu'il répondra à toutes vos questions, mais à tout le moins, vous
saurez que l'information est disponible et de quelle façon
l'obtenir.
Le fait d'être élu délégué dans votre département démontre que vos
confrères de travail ont confiance en vous pour s'occuper de leurs
problèmes quotidiens et de leur sécurité. Vous êtes de ce fait,
devenu leur guide et leur porte-parole et, durant votre mandat,
vous êtes la personne sur qui ils compteront pour les aider. C'est
maintenant la responsabilité qui vous incombe. En plus des guides
contenus dans ce manuel, vous devrez y ajouter de vous-mêmes
l'honnêteté, l'intégrité et la ferme conviction que c'est par
l'action collective que vous et vos confrères de travail
améliorerez vos conditions de travail.
Le travail de délégué n'est pas un travail facile. Très rarement,
serez vous remercié pour un travail bien fait; mais, souvent
critiqué parce qu'un travailleur croit que vous n'avez pas fait,
selon lui, tout ce qui aurait pu être fait. S'impliquer comme
délégué syndical ne rapporte ni gloire ni argent, mais la
satisfaction d'appartenir et de travailler avec une équipe
solidaire est sans prix.
À titre de délégué, vous devrez être discret, ne pas répéter les
confidences de vos confrères de travail. Vous devrez être capable
de communiquer avec eux, d'être juste et de justifier vos
décisions.
En résumé, votre élection au poste de délégué fait de vous un
meneur d'hommes. Vous êtes le porte-parole des travailleurs et
celui qui protège leurs droits. On fera souvent appel à vous au
cours de votre mandat. Vous devrez être à l'écoute.
Faites un bon travail, la satisfaction que vous en retirerez n'a
pas de prix. Un bon délégué est un homme pris au sérieux, non
seulement par ses confrères de travail mais aussi par la direction
de la compagnie.
Mais par dessus tout, n'hésitez jamais à consulter votre exécutif
syndical. Les officiers sont là pour vous aider et étudier les
problèmes avec vous afin de trouver des solutions équitables pour
tous.
BONNE CHANCE DANS VOS NOUVELLES FONCTIONS.
Travailleurs Unis du Pétrole du Canada - Local 1
VOUS ÊTES ÉLU DÉLÉGUÉ
Tous les délégués doivent avoir en leur possession:
- un bloc-notes; - une copie de la convention collective; - une
copie de la liste d'ancienneté du département qu'il représente; -
des formules de griefs et suivis de griefs; - une copie de la
constitution du Syndicat; - une liste des noms et numéros de
téléphone des délégués et officiers du Syndicat; - des autocollants
du Syndicat; - un agenda.
LE DÉLÉGUÉ - LE PIVOT DU SYNDICAT
Les délégués sont le pivot du Syndicat. Si le délégué fait un
travail efficace et dans le respect de l'application de la
convention collective et de la Constitution du Syndicat, il sera
respecté par les travailleurs, et ça, c'est important. Les
politiques du Syndicat dépendent de l'appui de tous les
travailleurs de la raffinerie et le délégué est celui qui peut
promouvoir le Syndicat et ses buts dans son département.
Le travail du délégué est de connaître les principes et politiques
du Syndicat et de les faire connaître à ses confrères de travail
afin de bâtir un Syndicat solide et efficace. Si le délégué est
enthousiaste face aux politiques syndicales, aux idées véhiculées
par le Syndicat et aux buts qu'il vise, et si, de plus, il a le
respect de ses membres, il saura susciter en très peu de temps
l'intérêt de ses membres face à ces mêmes objectifs et ainsi
inciter ses membres à assister aux réunions syndicales.
Le délégué, c'est le secret d'un Syndicat fort et solide, parce que
c'est lui qui est en contact journalier avec ses membres et ce sont
les membres qui font la réussite d'un Syndicat.
LE TRAVAIL DU DÉLÉGUÉ - QU'EST-CE QUE CELA
IMPLIQUE?
Fondamentalement, il y a deux volets principaux au travail du
délégué:
1 - PROTÉGER LES DROITS DES MEMBRES DANS LEUR TRAVAIL QUOTIDIEN;
2 - BÂTIR UN SYNDICAT SOLIDE ET EFFICACE.
PROTÉGER LES DROITS DES MEMBRES DANS LEUR TRAVAIL
QUOTIDIEN
Cette tâche inclus le bien-être de vos confrères de travail et la
défense de leurs droits que leur confère la Loi et la convention
collective par le biais des griefs que vous aurez à présenter. Ce
qui implique de bien connaître son département et les gens qui le
composent et la convention collective.
Dans votre rôle de délégué, vous aurez à faire avec des gens qui
auront des personnalités différentes, des émotions différentes et
surtout des caractères différents. La connaissance des gens et de
la convention collective sont deux (2) éléments essentiels avec
lesquels vous devrez apprendre à travailler.
Certaines personnes sont plus ambitieuses, d'autres plus
consciencieuses, d'autres plus critiques ou encore, moins
intéressées. Quelques personnes démontreront leur appréciation face
à votre travail, d'autres l'accepteront comme un dû. Vous verrez
que la majorité des travailleurs sont des gens ouverts avec qui il
est possible de discuter. Par contre, vous aurez aussi des gens qui
seront plus difficiles d'approche et qui nécessiteront une
attention particulières, vous aurez donc à faire les efforts pour y
parvenir.
En bref, vous avez à faire avec des êtres humains comme vous, avec
leurs défauts et leurs qualités. Vous réaliserez que la meilleure
façon de travailler avec tous, c'est en usant de compréhension et
de tolérance. Ce qui ne veut pas dire que vous devez être d'accord
avec tous et avec tout. Il y aura des occasions où vous devrez être
ferme, non seulement avec le patron mais avec les travailleurs,
vous n'en serez que plus respecté. Faites vous une priorité de
comprendre les gens avec qui vous traitez, vous serez mieux
préparé, donc plus efficace.
Il est important de noter par exemple que si vous devez présenter
un grief à votre supérieur, il serait préférable de le faire au
moment jugé le plus opportun, c'est-à-dire au moment où il sera le
plus disposé à entendre vos arguments. Or, pour reconnaître le
moment opportun, vous devez connaître la personne. Ainsi, si vous
prenez le temps d'étudier la personne, vous saurez reconnaître ses
réactions et comment les utiliser le moment venu, ce qui vous
permettra de faire un meilleur travail.
Il est aussi important de remarquer que plus vous connaissez vos
gens et plus ils vous connaissent, plus facile devient votre tâche
de délégué. Si les travailleurs sentent que vous êtes un appui
sincère, ils n'hésiteront pas à vous faire part de leurs plaintes
que ce soit face à la compagnie ou au Syndicat. Et, c'est ce qui
est important, parce que si vous connaissez leurs critiques, vous
pouvez consolider davantage votre Syndicat en étudiant ces
critiques de façon constructive avec les officiers du Syndicat et y
amener les explications et corrections nécessaires s'il y a lieu.
Connaître votre département
Il y a certaines informations concernant votre département que vous
devez connaître sur le bout de vos doigts si vous voulez être prêt
à l'action lorsque survient un grief ou encore au moment des
négociations.
Des informations comme: connaître les tâches dans le département,
les personnes qui les effectuent et dans quelles conditions; les
critères de production, les différentes classifications et les taux
de salaire, et avoir à la portée de la main la liste d'ancienneté
de tous les travailleurs du département.
En d'autres mots, vous devez être organisé. Vous devez tenir à jour
votre matériel de délégué et en prendre connaissance régulièrement
de façon à être très à l'aise lorsque surgit un problème auquel
vous devez faire face.
La plupart des informations qui vous sont nécessaires vous viennent
de votre convention collective et de tout ce que vous pouvez
attraper en gardant les yeux et les oreilles ouverts. Plus vous en
savez sur les opérations quotidiennes, plus ce sera facile
d'argumenter lorsque vous devrez débattre un grief. Si vous ne
connaissez pas certaines fonctions ou tâches d'un des travailleurs
que vous représentez, n'hésitez pas à lui demander des explications
et précisions, il n'en sera que plus confiant en vos capacités de
le représenter par la suite.
Connaître le Syndicat
Une des tâches principales du délégué est de bâtir un Syndicat
solide, et pour ce faire, le délégué doit connaître son Syndicat,
le pourquoi des choses, ce que son Syndicat veut faire et pourquoi
il le fait. Lisez les procès-verbaux qui vous sont remis, apprenez
ce qui se passe dans les autres départements, lisez votre
constitution, assistez aux réunions des délégués et soyez
attentifs, assistez aux assemblées générales des membres,
participez aux activités syndicales et si vous avez des questions,
n'hésitez pas à vous adresser à votre exécutif syndical.
En bref, SOYEZ INFORMÉ.
Connaître sa convention collective
Vous allez trouver bien difficile de faire un travail efficace pour
vos confrères si vous ne connaissez pas votre convention
collective. Il est donc très important de lire votre convention
collective et de la comprendre. Si vous avez des questions,
adressez vous à votre exécutif pour vous faire expliquer certaines
clauses qui vous semblent obscures et dont la signification ne vous
semble pas évidente.
VOTRE CONVENTION COLLECTIVE VOUS DIT CE QUE LA COMPAGNIE PEUT ET
NE PEUT PAS FAIRE.
Chaque phrase a été placée par la compagnie ou le Syndicat dans un
but précis. Sachez où regarder dans votre convention collective
lorsqu'un problème surgit. On ne peut s'attendre à ce qu'un délégué
sache par cœur sa convention collective, mais il devrait au moins
savoir où regarder dans la convention collective lorsque survient
un problème.
Avant de procéder avec un grief, étudiez votre convention
collective, demandez les Conseils d'un officier, discutez-en avec
lui, évaluez le problème avant de passer à l'action. De cette
façon, vous augmentez vos chances de gagner vos griefs.
Santé et sécurité
Nous savons tous que la santé et la sécurité des travailleurs est
un des aspects les plus importants dans leurs conditions de
travail. À titre de délégué, votre travail est d'informer les
travailleurs sur leurs droits en matière de santé et sécurité. Il
est évident que les délégués ne peuvent connaître toute la Loi sur
la santé et sécurité; cependant, leur rôle consiste à transmettre
les informations données par le Syndicat et le comité de santé et
sécurité aux membres qu'il représente. Le délégué doit être en
mesure de Conseiller le travailleur et, pour ce faire, il doit
s'adresser aux personnes compétentes en la matière ou diriger le
travailleur vers les personnes ressources indiquées.
Par exemple, le délégué doit insister auprès des membres qu'il
représente pour que ceux-ci déclarent tout accident de travail et
il doit les sensibiliser afin qu'ils comprennent l'importance de
cette recommandation. Le délégué doit être vigilant face à ce qui
concerne la sécurité dans son département et dans la raffinerie. Il
doit connaître les règlements existants et être informé des
directives du comité de santé et sécurité. Par contre, le délégué
n'est pas un policier qui vérifie si les
travailleurs portent l'équipement de sécurité. Son rôle est de
sensibiliser les travailleurs à la santé et sécurité au travail et
un des meilleurs moyens de le faire, c'est de donner l'exemple.
Les lois du travail
Les délégués doivent essayer de se familiariser avec les lois du
travail et se tenir informés des politiques qui affectent les lois
du travail. Il n'est évidemment pas question d'apprendre le Code du
Travail par cœur, mais en prendre connaissance à temps perdu
pourrait s'avérer utile.
Comment régler les griefs
Dans toute convention collective, les étapes de la procédure de
griefs sont clairement établies. Il faut donc suivre ces étapes
jusqu'à la conclusion. Il est important de ne pas tenter de prendre
de raccourcis qui pourraient nuire au grief dans les étapes
subséquentes. La procédure de grief de la convention collective a
été établie pour les travailleurs de la raffinerie afin de
s'assurer que les problèmes et griefs sont pris en charge
promptement et efficacement.
Qu'est-ce qu'un grief?
En vertu du Code du Travail, un grief est: "... toute mésentente
relative à l'interprétation ou à l'application d'une convention
collective".
Donc, la première question à laquelle vous devez répondre lorsqu'un
confrère vient vous voir pour faire un grief est: Est-ce un
grief?
Pour être en mesure de répondre à cette question, il faut savoir
écouter. Vous ne devez pas émettre de jugement hâtif et dès la
première phrase déclarer qu'il n'y a pas matière à grief. N'oubliez
jamais que vous êtes le porte-parole des travailleurs. Commencez
par les croire. Silencieusement et attentivement, en évitant tout
parti pris, écoutez ce que le travailleur vous raconte et prenez
des notes. Ensuite, et seulement alors, interrogez et obtenez
d'autres renseignements et éclaircissements, lettres, dossiers et
autres justifications écrites qui sont disponibles, ou renseignez
vous sur les façons de vous les procurer.
Après avoir examiné les notes et dossiers, vous devez juger si la
plainte est valable et, pour ce faire, vous pouvez consulter un
représentant du comité des griefs ou du comité exécutif. Si nous
disons qu'un grief est un différend fondé sur l'interprétation ou
l'application de la convention collective, une plainte, quant à
elle, est une injustice ou un mauvais traitement qui ne relève pas
de la convention collective, c'est-à-dire, que la convention
collective ne contient pas de clause s'y référant.
Si, avec tous les éléments que vous avez en main, vous convenez
qu'il s'agit d'un grief, alors, procédez selon les étapes de la
procédure de griefs décrite dans la convention collective.
À partir du moment où vous faites un grief, assurez vous de bien
suivre les étapes, de prendre et conserver toutes vos notes et
documents pertinents, de garder le contact avec le comité des
griefs et de le tenir au courant de toutes vos démarches et surtout
de tenir le travailleur informé sur le déroulement de son grief.
Si vous n'êtes pas certain qu'il s'agisse bien d'un grief,
renseignez vous auparavant. N'allez pas faire un grief au
représentant de la compagnie sans être certain de tous les faits.
Sinon, vous ne ferez que créer de faux espoirs pour le travailleur
en plus de démontrer aux représentants de la compagnie que vous ne
savez pas vraiment ce que vous faites. Donnez-vous toujours la
peine d'expliquer clairement au travailleur les raisons qui
motivent votre décision, autrement, à la prochaine occasion, il
pourrait ne pas être intéressé à faire un grief.
Pourquoi faire un grief
La convention collective est écrite pour la protection de tous les
travailleurs de l'unité de négociation.
C'est la responsabilité du délégué de voir à ce que la convention
collective soit respectée et de faire un grief à chaque fois
qu'elle ne l'est pas. Il se peut que vous vous rendiez compte à un
moment donné que la convention collective est violée et que le
travailleur n'a pas fait de grief. Le travailleur concernée peut ne
pas vouloir faire de grief par crainte des conséquences qu'il
soupçonne. Il appartient au délégué de voir à ce qu'un grief soit
logé à chaque fois que la convention collective est violée. Le
travailleur qui ne fait pas de grief alors qu'il sait que la
convention collective n'est pas respectée, n'est pas juste envers
les autres travailleurs. Le délégué ne doit pas ignorer ces
situations étant donné qu'elles peuvent servir à affaiblir le
Syndicat puisque, si l'employeur viole la convention collective et
que personne ne réagit, il est fort probable qu'il recommencera.
Lorsque vous devez procéder à la deuxième étape avec un grief,
amenez le travailleur concerné avec vous si possible. Cependant,
c'est au délégué à prendre la parole. C'est pourquoi il est très
important de préparer à l'avance le travailleur que vous
représentez, autrement, il pourrait nuire par son manque
d'expérience. Dites lui comment vous allez présenter son cas et en
vertu de quel article de la convention collective de façon à ce
qu'il voit que vous savez de quoi vous parlez et ainsi lui inspirer
confiance.
À titre de délégué, vous avez la responsabilité de faire appliquer
la convention collective dans le meilleur intérêt de tous les
membres. Donc, ne permettez jamais à un travailleur de défendre son
grief lui-même. Un travailleur qui ne connaît pas très bien sa
convention collective peut se laisser convaincre par son
contremaître que son grief n'est pas justifié alors qu'il l'est. Ou
encore, le contremaître peut proposer un règlement qui pourrait
affaiblir la position du Syndicat dans le futur. C'est pourquoi il
est très important que le délégué soit toujours présent lorsqu'un
grief est discuté. Certains employeurs ont tendance à encourager
les travailleurs à régler leurs problèmes eux-mêmes plutôt que d'en
référer au Syndicat et ce , dans le but de minimiser l'importance
du Syndicat. Personne n'a le droit d'accepter un règlement en deçà
de ce que prévoit la convention collective et c'est le rôle du
délégué de voir à ce que cela ne se produise pas.
Le délégué et le contremaître
Dans la procédure de grief, le délégué est appelé à rencontrer le
contremaître. Il est donc bon d'établir dès le départ une relation
qui permette d'avoir des discussions saines. Lorsque le délégué
doit discuter d'un grief avec un contremaître, ce n'est pas une
faveur qu'il lui demande. Il réclame ses droits à titre de
représentant des travailleurs comme un avocat le ferait pour son
client. Aussi, le délégué n'a pas à adopter une attitude servile
mais il doit être poli, honnête et franc. Il doit aussi être calme,
mais avant tout, il doit être bien préparé. Prenez note des
questions que vous voulez poser, des points que vous voulez
apporter, sinon, vous pourriez les oublier lorsque la discussion
est engagée. Maintenez toujours la discussion sur le sujet du
grief, ne laissez pas la conversation dériver de votre objectif.
Ne prenez jamais de décision immédiatement après avoir discuté du
grief avec le contremaître. Dites-lui que vous avez pris bonne note
de son point de vue et que s'il y a lieu, vous lui donnerez une
réponse dans les plus brefs délais. Ne prenez jamais la décision de
laisser tomber un grief ou d'accepter un règlement autre que celui
demandé par le grief avant d'avoir consulté le comité des griefs et
aussi le travailleur concerné.
Si le grief ne peut être réglé à la deuxième étape, poursuivez avec
l'étape suivante. À la troisième étape, le comité des griefs prend
le grief en charge mais le délégué doit se tenir au courant des
développements et en informer le travailleur concerné.
Par contre, si un grief doit être abandonné à la deuxième étape,
avisez le contremaître que vous ne poursuivez pas le grief tout
simplement, n'en discutez pas davantage.
BÂTIR UN SYNDICAT SOLIDE
À titre de délégué, vous êtes le porte-parole démocratique du
Syndicat sur les lieux de travail. S'occuper des griefs et des
problèmes quotidiens n'est qu'un aspect du travail d'un délégué.
Par contre, si le délégué s'acquitte bien de cette partie de son
travail, le reste sera d'autant plus facile. Votre façon de faire
votre travail de délégué sera déterminante quant à savoir si oui ou
non vous travaillez à bâtir un Syndicat fort.
Pour être solide, un Syndicat doit avoir l'appui de tous ses
membres. Trop souvent, les membres semblent désintéressés. En fait,
ils ont tendance à penser au Syndicat comme quelque chose
d'abstrait, à part, qui coûte quelques dollars par mois sur le
chèque de paye et qui permet en retour d'avoir de meilleurs
salaires, bénéfices et conditions de travail.
Les politiques syndicales, les programmes et l'administration du
Syndicat sont faits par les membres eux-mêmes. Les travailleurs
oublient assez facilement que le Syndicat C'EST EUX;
que le Syndicat sera fort si eux font en sorte qu'il le soit et
finalement que le Syndicat appartient aux membres qui le composent.
Si le Syndicat décide d'une politique, c'est parce que les membres
le veulent. Lorsqu'il n'y a pas assez de membres qui s'intéressent
activement au Syndicat, les risques d'une mauvaise administration
syndicale grandissent. C'est aux membres qu'appartient le privilège
de faire connaître leurs opinions et la meilleure place pour le
faire, c'est aux assemblées générales des membres ou encore par le
biais de leur délégué.
Tous les officiers du Syndicat sont des membres et des
travailleurs. Comme dans toute organisation démocratique, c'est la
majorité des membres qui décide des politiques du Syndicat. Il est
donc important que tous les membres participent aux activités
syndicales.
Pour bâtir un Syndicat fort, le délégué doit garder les membres
informés de tout ce qui se passe. Il doit faire tout en son pouvoir
pour persuader les membres d'assister aux réunions syndicales.
C'est SA responsabilité de bâtir un Syndicat fort et
d'inciter les membres à une participation active. Pour réussir dans
son rôle de délégué, il doit continuellement travailler dans cette
perspective.
Lorsqu'un nouvel employé est engagé, le délégué doit être un des
premiers à l'accueillir. Parlez-lui du Syndicat, de la convention
collective et de ses avantages. Expliquez-lui que s'il a des
questions à propos du travail ou des conditions de travail, il ne
doit pas hésiter à venir vous voir. Laissez-lui savoir que vous
êtes là s'il a un problème quelconque.
C'est la responsabilité du délégué de faire signer au nouvel
employé sa carte de membre. Mais signer une carte de membre n'est
pas une simple formalité. Ceci ne veut pas nécessairement dire que
l'employé devient un bon membre militant. C'est le rôle du délégué
de faire en sorte que le nouveau membre s'intéresse aux activités
syndicales, assiste aux réunions et reçoive les informations
nécessaires.
Le délégué, c'est un chef!
Vos membres s'attendent à ce que leur délégué soit mieux informé
qu'eux. Ainsi, faites un bon travail de délégué, les membres
respecteront votre jugement, ils écouteront vos opinions sur les
questions syndicales et problèmes qui peuvent survenir sur les
lieux de travail. Ils vous supporteront si vous décidez de devenir
un officier du Syndicat. Ils ne seront pas toujours d'accord avec
vous mais ils tiendront compte de vos opinions tout simplement
parce qu'ils vous perçoivent comme un "Chef".
Un délégué bien informé n'hésite pas à profiter des occasions qui
se présentent, que ce soit à l'heure du lunch ou de la pause, pour
se mêler à ses confrères de travail afin de transmettre des
informations et communiquer des échanges. Il ne doit pas craindre
les questions et, s'il n'est pas en mesure de donner des réponses
satisfaisantes sur le champ, il peut se sentir à l'aise d'offrir de
faire les recherches nécessaires. Les travailleurs comptent sur
leur délégué pour les informer des activités syndicales. Il doit
donc définitivement assister à toutes les réunions syndicales.
GARDEZ EN MÉMOIRE QUE POUR ÊTRE FORT, UN SYNDICAT DOIT ÊTRE
VIVANT!
Le président
L'exécutif syndical, l'organisation, en fait, l'entière structure
syndicale est le reflet du président.
Rien dans le Syndicat ne peut fonctionner efficacement à moins que
le président n'y soit impliqué.
L'ultime responsabilité de la communication avec les membres
revient habituellement au président. Il ne doit donc pas seulement
s'en tenir aux membres du Comité exécutif et aux délégués mais
aussi aux travailleurs sur les lieux de travail. Personne n'est
intéressé à faire partie d'une organisation où son rôle n'a ni
importance ni utilité. Aussi, l'assurance par le président que
chaque membre a un rôle important à jouer au sein du Syndicat a une
valeur inestimable.
Il y a cependant certaines règles de base qu'un président doit
respecter. Ainsi, un président doit toujours:
- demander, ne jamais "ordonner" à ses membres; - ne pas
mélanger "leadership" et dictature; - déléguer de l'autorité
aux autres membres de l'exécutif; - agir autant que possible comme
coordonnateur; - et SURTOUT, ne jamais laisser le Syndicat
devenir un "One Man Show".
Comment présider une assemblée
Le président est le point de mire lorsqu'il préside une assemblée.
Et c'est souvent à cette occasion que le membre récolte ses
premières impressions concernant le président et le Syndicat.
Comme, en général, les premières impressions sont celles qui
restent, il est important qu'elles soient bonnes.
Voici quelques mécanismes qui feront qu'une réunion sera une
réussite plutôt qu'un échec:
- afficher des avis de réunion contenant l'ordre du jour;
- les délégués devraient s'assurer que les avis sont bien affichés
dans leur département et convaincre leurs membres de l'importance
de leur participation;
- lors des réunions, limiter les aspects formels et si possible, à
l'occasion, avoir un conférencier qui traitera d'un sujet
particulier d'intérêt pour les membres;
- garder les réunions aussi informelles que possible, sans
toutefois en perdre le contrôle;
- inviter d'autres groupes concernés à assister aux réunions où des
sujets d'intérêts communs seront traités.
Autant que possible, les réunions devraient avoir une formule
standard et se tenir de façon régulière.
La planification des réunions est la clé stratégique de leur
succès; ce qui exige beaucoup de préparation de la part de tout
l'exécutif syndical.
Maintenir l'ordre
La qualité la plus importante qu'un président doit posséder est la
capacité de présider et de diriger les activités de chaque réunion.
Pour remplir ce rôle avec succès, il doit avoir les connaissances
de base des règles de procédure et surtout, il doit bien connaître
la constitution et les règlements du Syndical. L'autorité doit
toujours venir de la présidence de façon à ce que les débats et les
discussions soient menés sainement et dans la dignité. Qu'il en
soit ainsi ou non dépend uniquement du président.
Rappelez vous que le respect de la présidence est essentiel. Toutes
les questions, points d'ordre et discussions doivent être dirigés
vers le président. Si le président le juge nécessaire, il peut
interrompre ou mettre fin au débat. Même si personne n'aime les
formalités, une certaine dose s'avère nécessaire à toute réunion
traitant d'affaires syndicales formelles.
Règles de procédure
Il faut se rappeler que la raison d'être des règles de procédure
est de traiter efficacement les affaires du Syndicat en maintenant
l'ordre dans les réunions.
L'ordre du jour
L'ordre du jour est absolument essentiel pour faciliter la tenue
des réunions. L'ordre du jour devrait être établi lors d'une
réunion du Comité exécutif, ce qui permet aux officiers de discuter
des sujets qui apparaîtront à l'ordre du jour. L'ordre du jour peut
varier en fonction des préoccupations de l'heure, mais devrait
toujours contenir des items réguliers comme:
- l'ouverture de la réunion par le président;
- l'adoption de l'ordre du jour;
- l'adoption du procès-verbal de la réunion précédente;
- correspondance;
- rapport financier;
- rapport des différents comités;
- lever de l'assemblée.
Les motions
La base de toute la procédure dans les réunions est "La
motion"; voici un exemple:
- un membre lève la main pour avoir la parole;
- le président lui accorde la parole en disant: "le confrère X a
la parole";
- le membre propose une motion, un autre membre le seconde;
- le président déclare la motion: "il a été proposé que
...";
- le président ouvre le débat sur la motion en disant: "y a-t-il
des questions ou discussions sur la motion?":
- un membre se lève pour discuter de la motion seulement après
avoir été reconnu par le président: "le confrère X a la
parole";
- lorsque les discussions ou le débat sur la motion sont complétés,
le président demande le vote aux membres présents "êtes-vous
prêts pour le vote? Ceux qui sont en faveur de la motion,
levez la main".
Qu'est-ce qu'une motion?
Une motion est une proposition faite dans une assemblée par un de
ses membres.
Une motion qui n'aurait pas de secondeur ne pourrait être
considérée par l'assemblée. De la même façon, une motion ayant
dûment été proposée et secondée ne peut être retirée sans le
consentement du proposeur et du secondeur. Si la motion est défaite
à l'assemblée, elle ne peut être introduite de nouveau sous une
autre forme à l'assemblée.
QUELQUES CONSEILS PRATIQUES POUR PRÉSIDER UNE ASSEMBLÉE
1. À titre de président, essayez d'assurer des débats aussi général
que possible sur chaque motion.
2. Assurez vous qu'autant d'intervenants que possible puissent
s'exprimer sur la motion.
3. Donc, n'autorisez jamais une personne à parler deux fois sur la
même motion alors que d'autres attendent de se voir accorder le
droit de parole.
4. Si vous prévoyez que le sujet entraînera un débat considérable,
considérez la possibilité de limiter le temps de parole de chaque
intervenant à trois minutes, par exemple.
5. Si vous constatez qu'il y a une différence évidente d'opinion,
tentez d'alterner les intervenants de chaque position.
6. Ne permettez pas à un intervenant qui soulève un point d'ordre
de s'exprimer sur la motion par la même occasion.
7. Assurez vous que le débat se concentre uniquement sur le sujet
débattu. Si nécessaire, le président doit intervenir et souligner à
l'intervenant qu'il déborde de la question et de s'en tenir au
sujet pertinent.
8. Si, à titre de président, vous désirez exprimer vos opinions au
cours du débat, vous devez céder la présidence au vice-président
pendant votre intervention. Le président évite si possible de se
prononcer sur un sujet controversé s'il veut maintenir son
impartialité aux yeux des membres.
9. Ne permettez pas autant que possible de motion sous forme
négative à moins qu'il n'y ait pas d'autre façon de le faire.
10. Assurez vous que le secrétaire inscrive et relise chaque motion
dûment appuyée et le résultat de chaque vote: adopté ou rejeté.
Le vice-président
La tâche du vice-président est de seconder le président.
Idéalement, il est l'égal du président. Il devrait donc être
familier avec tous les détails de l'organisation et devrait être
prêt en tout temps à remplacer le président lorsqu'il est absent.
Tout ce qui s'applique au président, s'applique donc aussi au
vice-président. Il devrait assister à toutes les réunions et
remplacer le président si celui-ci désire se prononcer sur un sujet
donné alors qu'il préside l'assemblée.
Les règles de procédure et le délégué
Il est important de se rappeler que le respect des règles de
procédure en assemblée permet de traiter les affaires syndicales
beaucoup plus sérieusement et rapidement. Le délégué doit donc
avoir assez de respect des procédures et de l'ordre lors des
réunions pour ne pas interrompre un intervenant ou encore entamer
une conversation avec son voisin, ce qui obligerait le président de
l'assemblée à le rappeler à l'ordre.
Une des règles fondamentales de la procédure est de toujours
s'adresser au président de l'assemblée. Ceci a pour but d'éviter
les échanges entre intervenants, ce qui, en général est la cause
première de désordre lors des réunions.
Il est donc important pour les délégués de se rappeler de cette
règle lors des réunions du Conseil exécutif (réunion des délégués).
Ces réunions tenues une fois par mois ont pour but de tenir les
délégués informés des activités syndicales en cours. Mais c'est
aussi l'occasion pour chacun des délégués de faire un rapport sur
ce qui se passe dans son département et d'apprendre ce qui se passe
ailleurs. Ces réunions sont donc très importantes et doivent être
prises au sérieux. Si un délégué a le souci de tenir ses membres
informés, il doit assister à toutes ces réunions.
En général, les délégués reçoivent quelques jours avant la réunion,
une enveloppe contenant l'ordre du jour, le rapport financier
mensuel, le procès-verbal de la réunion précédente et autres
documents à l'occasion.
Il est important de prendre connaissance de ces documents avant la
réunion. Ainsi, si le délégué a des questions, il pourra les noter
ou encore, s'il a l'intention d'apporter une motion, il aura
l'occasion de la rédiger à l'avance. Il est bon de noter qu'il est
préférable de soumettre une motion écrite à l'assemblée.
Ces réunions sont aussi très importantes pour le Comité exécutif
étant donné qu'il reçoit ses directives du Conseil exécutif. Le
délégué a donc un rôle important à jouer lors de ces réunions. Il
doit donc écouter attentivement tous les rapports qui lui sont
soumis puisqu'il aura à donner son appui ou non aux différents
projets qui lui seront présentés. Ce qui nous rappelle encore une
fois l'importance d'être bien informé.
Conclusion
Le manuel que vous venez de lire doit vous servir de guide pour
vous aider à mieux servir vos membres. Il ne prétend pas être
complet. Vous apprendrez encore davantage au cours de votre mandat
par les sessions de formation qui sont données par le Syndicat sur
les griefs, négociations, santé et sécurité et autres. De plus, si
vous n'hésitez pas à consulter et discuter avec les personnes
ressources du Syndicat, comme les officiers ou les délégués
d'expérience, vous acquerrez assez rapidement une expérience qui
fera de vous un bon délégué et vous permettra ainsi de vivre une
expérience très enrichissante.
En terminant, nous espérons que ce manuel vous soit profitable et
que vos fonctions de délégué vous apportent beaucoup de
satisfaction.
Nous vous souhaitons bonne chance dans vos fonctions de
représentant des "Travailleurs Unis du Pétrole du Canada".
Remerciements
Le Syndicat des "Travailleurs Unis du Pétrole du Canada"
tient à remercier ses confrères du Syndicat Canadien des
Métallurgistes (CAIMAN) pour leur "Manuel du représentant
syndical" qui nous a servi de guide et auquel nous avons
emprunté plusieurs textes que nous avons traduit.